Avec le début de l’apprentissage ou le premier emploi, les adolescents et les jeunes adultes entrent dans une nouvelle phase de leur vie. Le premier salaire signifie généralement une plus grande liberté financière. Parallèlement, de nombreux jeunes ne sont pas conscients dès le départ du coût effectif de la gestion d’un ménage et de la valeur des tâches ménagères.
Tant qu’un enfant reste chez ses parents, les prélèvement pour la nourriture et le ménage, appelés «allocation de pension», sont un sujet important. Les adolescents et les jeunes adultes prennent ainsi en charge une partie des frais du foyer familial.
Ils voient alors dans leur porte-monnaie ce que coûte la gestion d’un ménage et apprennent à gérer leur argent. Parallèlement à cela, l’allocation de pension leur montre que les tâches ménagères, telles que le ménage, la cuisine et les courses, ne vont pas de soi, mais qu’elles ont également une valeur.
Avant même le début de l’activité professionnelle, l’introduction d’un salaire jeunesse peut être une étape judicieuse. En règle générale, les jeunes qui perçoivent un salaire jeunesse paient eux-mêmes leurs frais variables, comme les vêtements ou les tickets de transports publics. Les frais fixes et les frais du ménage restent à la charge des parents. Ainsi, les jeunes doivent se confronter consciemment à leurs moyens financiers et apprendre à établir un budget de manière autonome.
Le «bon» montant du prélèvement pour les dépenses de la famille dépend toutefois toujours de différents aspects et doit être convenu individuellement au sein de chaque famille. Il est important d’en parler ensemble et d’établir un budget pour l’enfant. Il est également judicieux de prendre en compte la situation financière de la famille. Sur la base de ces points, il est ensuite possible de déterminer le montant du prélèvement pour les dépenses du ménage.
En principe, la règle est la suivante: ce que les jeunes gagnent par leur propre travail leur appartient – il s’agit de ce que l’on appelle le patrimoine de l’enfant. Les parents peuvent toutefois exiger de leurs enfants un montant pour le gîte et le couvert, conformément à l’art. 323 du Code civil: «Lorsque l’enfant vit en ménage commun avec ses père et mère, ceux-ci peuvent exiger qu’il contribue équitablement à son entretien.» La loi ne donne toutefois pas de valeurs indicatives ou de limites quant au montant.
Les règles de base suivantes peuvent aider à déterminer le montant de la contribution aux frais du ménage:
L’association faîtière Budget-conseil Suisse met à disposition différents modèles et barèmes qui peuvent aider à fixer le montant de l’allocation de pension.
Télécharger les directives sur le gîte et le couvert (PDF)
Télécharger le modèle de budget pour les apprentis (PDF)
Télécharger le modèle de budget pour les étudiants (PDF)
La théorie est une chose, mais qu’en est-il dans la pratique? La rédaction de Jeunes et budget a voulu en savoir plus et a demandé à la famille H. (nom connu de la rédaction) comment elle avait adapté ses finances depuis le début de l’apprentissage du fils aîné:
«Je gagne 700 francs en première année d’apprentissage», raconte l’adolescent de 15 ans. Il ne doit certes rien donner à ses parents, mais il prend lui-même en charge ses vêtements, ses sorties et ses activités sportives: «Je note toutes les dépenses et je garde les reçus.» Heureusement, il n’a presque pas de dépenses pour les transports publics: il peut en effet se rendre à vélo à l’entreprise d’apprentissage comme à l’école professionnelle. L’adolescent de 15 ans explique qu’il trouve certes agréable d’être maître de son propre argent, mais qu’il n’avait jamais pensé à toute la somme dépensée pour les choses de la vie quotidienne. «Pour économiser au moins un peu, j’emporte le déjeuner de la maison au lieu de l’acheter.» Il ne se rend au restaurant que rarement le week-end avec ses copains. «Au début, nous voulions faire les choses différemment», racontent les parents. L’idée initiale était que leur fils devait donner une partie de son salaire pour le logement, la nourriture et l’assurance maladie sous forme d’allocation de pension et qu’ils continuaient à financer ses dépenses. «Mais grâce à la manière dont nous le faisons maintenant, il prend mieux conscience de la valeur de l’argent», expliquent les parents pour justifier leur décision. L’adolescent prend également en charge des dépenses spéciales, comme les camps scolaires. Du moins pour le moment: «Nous faisons alors en sorte de compenser cela par la suite», expliquent les parents.